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samedi 19 novembre 2011

Black Shark Shake-A-Lake.



Présentons les faits: All Cannibals c'est donc la continuité de feu-Macadam Club avec un guitariste en moins et beaucoup d'idées en plus. Trois garçons dans le vent et un producteur Bordelais recueillis par l'ex milieu du Werder: Johan Micoud (si ça c'est pas la classe) qui a monté son label Virage Tracks. Un pont entre la Normandie et la Gironde comme en echo au pont entre l'Angleterre et l'ouest ricain qu'évoque ce premier album.



Parce que oui, on navigue pas mal entre la manche et l'atlantique avec ce requin noir. Entre les guitares cabossée à la Libertines et les mélodies empruntées tantôt aux Walkmen, tantôt aux fantômes de Pavement. Ce mélange permanent qui force l'oreille curieuse à changer de direction à chaque coup de cymbale donne un 12 titres pour le moins étonnant et même un peu irritant.
Oui irritant parce que cet album est plein de défauts. Mais la où le trio est brillant c'est que chacun d'eux est une qualité qui se planque. D'abord l'accent imparfait d'Emmanuel peut aisément agacer par moment, mais les mélodies qui le portent bottent magistralement le cul des erreurs linguistiques; comme sur l'euphorisante Friendly Youg Cannibals qui donne envie de chanter tout nu dans un près (ça me regarde). On pourrait aussi leur reprocher une production parfois un peu crado. Sauf qu'à l'écoute des 12 morceaux c'est surtout un parti pris très frais qui ressort de ces expérimentations joueuses à base de claviers débilos et de faux scratches sur-mixés.
J'en parlais déjà plus haut, mais le groupe peut aussi être facilement qualifié de Libertines-like. C'est une connerie que j'ai été le premier à faire. Mais si l'on creuse un peu des Lib's ne reste que le meilleur, à savoir le côté punk sans le trash bidon, la naïveté d'un Ha Ha Wall retrouvée dans les rythmiques aussi speedées que hachées à la machette. Et puis plutôt que  Doherty et Barât on entends finalement beaucoup plus de Kinks, de Pavement, un peu de Jarvis dans l'écriture...



Et toutes ces belles références se ressentent dans le talent qu'à le groupe à emmener un morceau là où il le souhaite, à ne pas perdre en simplicité dans la richesse de production et plus simplement à écrire des chansons. Parce que mine de rien c'est plutôt rare les groupes qui écrivent encore des chansons plus que des morceaux. Quand on écoute (encore et encore) The Choir, on se dit que ces trois là sont de cette race presque éteinte et le disque peut être aussi pété de défauts qu'il veut, il tient l'essentiel.

vendredi 18 novembre 2011

Miles Kane @ Le Cargö.


On l'avait déjà vu à Bourges il y a quelques mois de cela, et on en était ressorti enchantés, l'ex-leader des Rascals ayant livré une perle de live sauvage comme il faut. On était donc tout content de voir sa trombine sur le programme du cargal cette saison.

Le live débute dans la grandiloquence la plus insupportable. Un gros Pink Floyd sur fond de lumières qui tournent pendant 2 minutes et les mecs déboulent à toute blinde. Le Miles fait dans le show: doigts pointés vers les jeunes damoiselles, solos les reins en arrières et les "C'mon !" de rigueur. Le problème c'est que ce début de concert était vraiment dans le too much à ce niveau là et très franchement l'envie d'aller lui en coller une était tentante. Dieu merci le lad est vite redevenu raisonnable et a déroulé les titres avec une efficacité digne d'un sniper du KGB. Que du tube, de Rearrange à Come Closer le set fonce tout droit sans jamais perdre en efficacité. Ca joue plus que bien, le son est (trop) parfait et le mec chante divinement bien.


Bon c'est pas au Cargö mais c'est le même topo hein.

Le set est à l'image de l'album, un melting pot so british naviguant entre le rock 70's des Stones et la brit pop d'Oasis. D'ailleur ça me pose un sacré cas de conscience parce que moi Oasis ça me répugne un peu et pourtant Miles Kane ça fonctionne. Enfin passons. On aura droit à un joli passage émotion avec les ballades My Fantasy et Colour of the Trap. Puis à une reprise testostéronéee de Dutronc. Tout ça fonctionne comme une locomotive toute neuve. Alors certes le mec en fait des caisses, certes ca tombe dans le variétoche par moment, certes rien de tout ça n'est original pour un demi sous mais qu'importe le moment est très agréable. Le groupe maîtrise ses titres à la perfection, l’énergie est là et Kane s'appuie sur un réel charisme. Un vrai bon moment sans se prendre les neurones. 

dimanche 18 septembre 2011

Orelsan: Suicide Social et chant des sirènes

Pas grand chose à ajouter à ce morceau excellent bien servi par un très bon clip.




Orelsan est devenu grand. Personne n'aurait pu prévoir que derrière cette image de loser perpétuel se cachait un tel songwriter, car dans ce texte, il y a un vrai talent. Il y a quelque chose de Ces gens là version Brel dans cette montée en puissance prenante autant qu'abominable.

Le caennais lance avec Suicide Social une vraie raison d'attendre impatiemment son deuxième opus: Le Chant des Sirènes.

Dans les bacs le 26 septembre.

jeudi 21 juillet 2011

Festival Beauregard Saison 3 Episode 1 (sur 2)





Cadre magnifique, communication grandiloquente, site verdoyant. Bienvenue au Festival Beauregard troisième édition. 

Le tout jeune festival Caennais surfant sur une vague de succès qui force le respect a, cette année encore, élargie son offre, agrandi son site et diversifié sa programmation. 
Comme lors des deux éditions précédentes, le paradoxe sur lequel se base les organisateurs est saisissant. En effet dans le parc du château hérouvillais, il n'est pas question de voir de la boue, du vomi, du sang ou des relations pas forcément conscientes du côté des "WC", ici tout est biodégradable, propre et familial. D'un autre côté tout est fait pour un maximum d'entrées possible. Combien de temps ce paradoxe peut il durer? Peut être un bon nombre d'années à ce rythme.

Sous le soleil, comme depuis 3 ans maintenant, le festival s'ouvre pour vos humbles serviteurs par une bière et un Gaetan Roussel de bonne facture. Le serveur de la caravane Heineken n'ayant pas bien saisi qu'il fallait un ticket boisson pour obtenir un verre, nous ratons logiquement Philippe Katerine, de toutes façons déjà vu. Kasabian enchaine sur la Grande Scène par un show bien rodé mais médiocre. Mauvais son, attitude Oasisienne dépassée et concert trop tôt, c'est beaucoup pour les lads de Leicester, dommage. Les Belges de Deus déçoivent également à l'heure du Sandwich, sandwich qui se révèle être pour le moment la seule vraie bonne surprise de la soirée. 

Sur la Grande Scène le grand cirque Jack Daniels de Motorhead peut commencer. Là encore pas de surprise, un solo de batterie de 20 minutes et un Lemmy fidèle à lui même. Comment cet homme peut il être encore en vie? Personne ne peut le dire. La distraction du concert viendra d'un jeune garçon à casquette qui hurle littéralement son amour pour le groupe en chantant une version Reggae de Louis Louis. Drôle d'oiseau. Les impeccables Two Door Cinema Club se chargent (enfin) de faire bouger un peu toute cette foule. Le show est attendu mais efficace, le sol devient dancefloor, que leur demander de plus? 

Le deuxième jour commence par une déception, le serveur cité plus haut a du se faire recadrer, fini les bières gratuites, et une bonne surprise, les locaux de Jesus Christ Fashion Barbe (oui vous avez bien lu, ceci est un nom étrange) tiennent la route. Encore quelques détails à régler et le trio pourra prétendre à quelque chose sur la scène nationale.
Agnes Obel enchaine mais la beauté froide de son concert ne parvient pas à emmener le nombreux public présent, question de lieu peut être. Herman Dune par contre livre un show de bonne facture sous le soleil de la Scène 2. L'enchainement des groupes se fait rapide au fur et à mesure que nous entrons dans le vif du sujet de cette édition mais les déceptions se font elles aussi nombreuses.
Morcheeba n'est plus que l'ombre du grand groupe qu'il a été et les Cold War Kids assènent un affligeant mélange d'arrogance et de médiocrité. Les français de Aaron évolueront pendant la pause syndicale de votre serviteur assoifé. La nuit est tombé et voilà que monte sur la scène B la sensation française du moment: Concrete Knives, l'approximation des débuts a laissé place à une machine de guerre huilée et prête pour la gloire. Les normands assoment le public avec un set propre, puissant et incisif. Si il reste encore beaucoup de chemin aux CCKS, leur live est en tous cas à la hauteur de leur prétention. 
Les genoux en vrac peuvent tranquillement aller se reposer devant le set pitoyable des barbus séniles de ZZ Top avant la grosse claque du soir, Stromae. Le belge livre une prestation de haute volée bien aidé par un show lumière réglé à la perfection. Le public s'enflamme littéralement et les gambettes s'affolent en même temps que les cordes vocales. Malgré la fatigue, nous nous trainons pour aller saluer les toujours parfaits Da Brasilians et leur concert nous permettra de nous lamenter sur l'horaire incohérent réservé à ce groupe dont on parle beaucoup trop peu. Bonne nuit.



Cadeau ce très beau tout nouveau clip du belge au corps incompréhensible...



mardi 16 novembre 2010

Philippe Katerine @ Le Cargö (Caen)




Il est des privilèges inattendu pour les habitants de cette lointaine contrée qu'est la Basse Normandie.
Comme celui d'assister (un peu en avant première) à la première date de la tournée française d'un des personnages les plus marquants en France en ce moment, grand collectionneur de cacas devant l'Eternel: Philippe Katerine.

C'est donc avec une certaine impatience que nous nous rendons dans la grande salle du Cargö pour ce "concert". Il faut dire que nous avions bien aimé son dernier opus, du côté de CMMP.
Let's go donc.
Première surprise il n'y a que trois musiciens sur scène pour encadrer notre père Ubu à nous, trois musiciens, deux danseuses et un décor pour le moins léger.

Les morceaux s'enchainent bien, les chorés sont impeccablements kiscth, Katerine est incroyablement drôle. Des happenings viennent interrompre les morceaux phares, comme un immense téléphone ou des jets de bananes de circonstance.
 Bref tout se passe bien jusqu'à ce qu'un certain malaise s'empare de moi.
Laissez moi vous expliquer, non pas que j'ai passé un mauvais moment, mais au fur et à mesure des titres, il y a comme une impression de tourner en rond. Comme si très légèrement le personnage qui nous fait tant rire nous faisait peut être un peu trop rire, peut être un peu toujours de la même façon aussi. La formule avec très peu de musiciens accentuant largement cette impression.
Malaise qui atteint son paroxysme sur le dernier titre, une interprétation franchement foireuse de Louxor j'adore.
Pour conclure je dirais qu'il faut aller voir Philippe Katerine si vous ne l'avez jamais vu, cet homme est un anti dépresseur fait de chair. Même si son concert ressemble parfois à un One Man Show ubuesque plus qu'à de la musique.
 Après tout les One Man Show c'est pas si mal non?

mardi 12 octobre 2010

Goose @ Nördik Impakt.



Vous avez vu la petite vidéo ci-dessus ? Ca vous a méchamment secoué les gambettes hein ? A moi aussi, rassurez vous c'est tout à fait normal. Les quatre gaillards belges étaient invités ce vendredi 08 octobre au Cargö à Caen, dans le cadre de la Tsugi party, dans de cadre de Nördik Impakt et avec Adam Kesher. Sacré numéro de poupées russes. Enfin, l'important dans tout ça c'est que ce fut un véritable tremblement de terre qui a ébranlé la cité Normande.
Les claviers sont gras, les batterie tape là où ça fait mal et les mélodies syncopés emporte la moitié de salle présente dans une transe frénétique et incontrôlée. Les gestes un tantinet blasé du chanteur emporte l'audience dans des cris hystérique.
Niveau set list, les tubes imparables s'enchainent avec violence: Bring It On, British Mode, Girl, Black Gloves... Insoutenablement bon. A côté de ça on a eu droit à quelques aperçus de la nouvelle réalisation à venir. C'est de bon augure, dans la droite lignée du premier, peut être un petit peu moins épuré, peut être un petit peu plus violent.
Allez voir Goose en live si vous le pouvez. Vous ne regarderez plus l'éléctro pareil.


M.